Les Girondins de Bordeaux s'essayent au Cécifoot

Les joueurs des Girondins de Bordeaux (L1 de football) se sont essayés au cécifoot, le football pour aveugles, lors d'un match exhibition au Centre du Haillan avec l'équipe de France aveugle et son homologue du Brésil, championne paralympique lors de leur tournée en France.

Une semaine après les joueurs du Paris Saint Germain Rudy Haddad et Fabrice Pancrate, huit Girondins se sont prêtés au jeu, les yeux masqués par un bandeau.

"C'est chaud, on ne sait jamais où on se trouve, a reconnu le défenseur David Jemmali qui jouait avec les Brésiliens. Au bout de trente secondes, j'avais envie d'enlever le bandeau pour savoir où j'étais. Je n'ai pas beaucoup bougé car j'avais peur de prendre quelqu'un en courant".

"Je n'ai pas assez de ballons, on ne me sert pas dans de bonnes conditions", lance hilare Jean-Claude Darcheville, quatre ballons touchés en 20 minutes de match et pas mal de rires suscités.

"Darche, oublie ton explosivité sinon tu vas te prendre un carton", lui adresse avec le sourire Toussaint AKPWEH, le sélectionneur de l'équipe de France aveugle.

Perdus au milieu des encouragements et des recommandations - "on entend 10.000 bruits en même temps et même si on essaye de se concentrer, on manque d'équilibre, de repères", selon Juan Pablo Francia - les professionnels ont plus souvent erré sur le terrain qu'activement participé. A l'exception du défenseur Florian Marange.

"Lors de la première mi-temps, j'ai analysé les déplacements. Quand j'ai mis le bandeau, j'ai écouté les guides et je me suis concentré sur les grelots du ballon pour retrouver le sens du jeu. Mais au bout d'un moment, on ne sait plus où on est. C'est impressionnant, enrichissant. On dirait qu'ils voient".

Vedette d'un jour, Frédéric Villeroux, milieu offensif de l'équipe de France aveugle, a lui aussi apprécié l'expérience. "Ils se sont bien débrouillés, ils étaient dans l'ambiance du jeu", analysait-il. "J'entendais bien Florian, Darcheville riait beaucoup mais je sais que ce n'est pas évident. Tout est question de repères".

"C'est une leçon de vie à chaque fois que j'entre sur le terrain", a conclu Jean-Philippe Papot, le gardien "voyant" de la sélection tricolore, avant de poser pour la photo-souvenir et d'échanger quelques mots avec Frédéric Roux, gardien remplaçant "bluffé" des Girondins.